Saint Joseph El Biar

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La Grotte de Saint Jo (St Joseph El Biar)

C’ est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau…à la Vierge chérie
 
 
 

La suite de cette litanie se perd dans mon souvenir bien que nous ayons eu à la chanter, en marchant, une bonne dizaine de fois.

 

Car mai était l’occasion d’une procession allant de la chapelle du pensionnat jusqu’à la grotte abritant la statue de la Vierge Marie.

 

Elle démarrait après un regroupement des participants le long du chemin longeant latéralement le bâtiment principal : curé, bénitier à la main, entouré d’enfants de chœur en tenue, précédé de la Croix processionnelle, suivi des frères accompagnateurs et enfin , nous, les gentils élèves.

 

Avant d’emprunter la route de contournement qui descendait vers les jardins, nous tournions à droite et passions par une allée bordée d’oliviers en pleine floraison.

 

Toujours en chantant : c’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau…

 

Heureusement qu’il restait moins de cinq cents mètres à parcourir sur ce sentier de campagne.

 

Toujours en chantant : c’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau.

 

La grotte, on ne la voyait pas arriver, on lui tombait dessus au détour d’un virage.


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Grotte "Notre Dame de Lourdes"   de Saint Joseph    d'après carte postale d'époque
 



Notre pèlerinage s’arrêtait là : regroupés en arc de cercle face à la statue de Notre Dame de Lourdes, nous entamions alors une cérémonie toute à la dévotion de la Sainte Vierge sous la protection de laquelle nous nous placions.

 

Après une bénédiction des lieux et une certain nombre de « je vous salue Marie… » nous retournions à nos chères études.

 

Nous aurions, au moins pour certains d’entre nous, l’occasion de nous retrouver au pied de la statue de Notre Dame de Lourdes : c’est le jour de la communion solennelle.

 

Je ne me souviens plus si nous y descendions tous mais je sais que souvent les parents invités venaient y photographier leur cher petit, le brassard sur la manche, afin d’immortaliser le jeune impétrant.

 

Avait-elle donc un parfum d’indulgence cette visite à la grotte ?

 

Sans doute, si on se réfère aux archives lasalliennes que nous reproduisons ici in extenso :

 
 
 
El Biar
 
Dans le Bulletin de l’Institut

 

1907, 263            Algérie : le pensionnat St-Joseph inaugure une grotte de N.-D. de Lourdes

À mi-flanc d’un coteau qui, par un chemin rapide, conduit au vallon d’Hydra, le Pensionnat Saint-Joseph d’El-Biar inaugurait solennellement, le 8 décembre 1905, une grotte de Notre-Dame de Lourdes. Depuis ce jour, la grotte est devenue le but de pieux pèlerinages. Nos Frères anciens aiment à s’y rendre en égrenant leur rosaire, à s’y arrêter un instant avant de descendre jusqu’au modeste cimetière où reposent déjà 34 de nos religieux ; les parents s’y attardent avec leurs enfants à l’ombre des eucalyptus, et les élèves, au départ et au retour de leurs promenades, saluent filialement leur Mère du Ciel.

Pour augmenter encore, parmi le personnel, la dévotion à la très sainte Vierge, le Frère Directeur sollicita (et obtint) de Mgr (Henri) Oury, Archevêque d’Alger, la faveur d’une indulgence (de 100 jours) à toute personne qui, devant la statue, réciterait (un Ave Maria ou l’invocation Refuge des Pécheurs).

 

Donc, entre 1905 et 1962, nous étions bien dans la ligne tracée par le Frère Directeur de l’époque.

 

Cette traditionnelle visite a certainement continué jusqu’en 1976, date de la nationalisation de l’établissement, car les frères y étaient très attachés.

 

Qu’est-elle donc devenue « notre » statue de Notre-Dame de Lourdes ?

 

Les frères l’ont-ils emportée avec eux ou continue-t-elle à veiller sur le passant qui prend la peine de s’arrêter un instant près d’elle ?

 
 
Serge Allès
 
Saint Joseph 1948/1953
**
 

Même si nous pensons qu’elle n’est plus en place, il serait intéressant de demander aux anciens qui sont retournés au Pensionnat depuis 1976 si, au cours de leur visite, ils ont eu l’occasion de passer du côté de la grotte et de nous apporter la précision qui nous fait défaut.