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Anecdotes - Les Alliés à St Jo

**

J’AVAIS QUATRE ANS QUAND LE PENSIONNAT SAINT JOSEPH D’EL-BIAR A ETE INVESTI PAR LES TROUPES ALLIEES.

 

Inutile de vous dire que je n’étais pas encore élève du pensionnat à cet âge-là.

 

Mais ma famille habitait sur place : mon père était jardinier et ma mère blanchisseuse.

 

Avec mon frère, qui avait dix ans, nous avons découvert une autre civilisation, mais il est évident que nous ne pouvions percevoir le même évènement d’une façon identique. En ajoutant à l’observation de nos yeux d’enfants les termes, que l’avenir a pu nous apporter, nous avons fait ressurgir l’un et l’autre un moment de notre vie que le temps qui passe avait seulement estompé.

 

Cela a commencé, avec beaucoup de bruits inhabituels dans notre paisible campagne, dans les jours qui suivirent le débarquement du 8 novembre 1942.

 

Nous n’avions aucune information sur ce qui se passait le jour du débarquement et nous n’avions été alertés que par la canonnade et les explosions dans la baie d’Alger. C’est vraisemblablement le lendemain que les premiers soldats américains sont passés à pied devant le pensionnat. Mon frère les a vus. Ils descendaient d’El-Biar et se dirigeaient certainement vers deux points clés situés plus bas sur le chemin Beaurepaire : la résidence de l’Amiral commandant la Marine en Algérie qui se trouvait juste après l’entrée de Saint-Michel et la villa des Oliviers occupée par le Général Juin située quelques centaines de mètres plus loin. Ces soldats, au nombre d’une centaine, décontractés, casques en goguette, fusils à l’épaule n’avaient rien d’effrayant et il lançaient des bonbons aux enfants qui les observaient.

 

Ce n’est que quelques jours plus tard qu’une unité (vraisemblablement un détachement de l’état-major du général Clark) s’est installée au pensionnat et qu’elle a rapidement organisé son cantonnement.


Les soldats ont occupé les dortoirs du premier étage, dont les pensionnaires ont été transférés à Saint Michel, ainsi que le préau laissant aux frères les installations qui leur étaient indispensables : les salles de classes du rez-de-chaussée, le réfectoire, la cour de récréation et bien entendu la chapelle. C’est ainsi que l’année scolaire a pu se poursuivre à peu près normalement

Il y avait longtemps que les militaires alliés ne se déplaçaient plus à cheval : ils les avaient remplacés par une petite merveille qui allait faire le tour du monde – la jeep -. Et comme ils ne pouvaient pas tous circuler en jeep, ils avaient mis au point un drôle de camion que le monde entier connaîtra sous le nom de son constructeur américain – le GMC - .

Dans le même ordre d’idée, comme il fallait bien que ces engins à roues circulent dans de bonnes conditions, ils avaient remisé pelles et pioches pour une batterie d’outils révolutionnaires déclinés autour du - bulldozer - : c’est avec cet engin qu’ils ont nivelé le champ de mon papa pour le transformer en ce qui allait devenir le terrain de sport du pensionnat, mais surtout une aire de stockage pour les invraisemblables caisses de pièces de rechange et de fournitures sans lesquelles cette « nouvelle armada », bruyante, ne pouvait fonctionner.

J’imagine la tête de mon jardinier mahonnais de père se demandant si, comme ils étaient partis, ils n’allaient pas lui raboter ce qui restait encore des terres qu’il cultivait avec tout son amour et toute sa science.

Pour ma part, et pour le bonheur des copains de mon âge qui n’hésitaient pas à venir du terrain Lafumée voisin en franchissant les barbelés de la clôture, nous nous sommes bien accommodés de ces énormes caisses en bois, vidées de leur contenu, qui nous ont servi de refuge et d’accueil pour tous les jeux de notre âge. Mais attention aux clous !

C’était des « lego » avant l’heure et des caisses comme ça nous n’en avions jamais vu.

Et un, qui pour l’occasion a du faire une drôle de tête, c’est bien le frère responsable de la cuisine, très fier de ce que l’on appelle aujourd’hui un « piano » avec lequel il assurait l’excellente nourriture de ses braves élèves, quand il s’est trouvé nez à nez avec une « roulante » américaine qui faisait autant, mieux et plus vite que lui pour nourrir ses militaires perpétuellement affamés.

Quand je dis perpétuellement affamés, leurs chefs avaient inventé un remède universel pour leur permettre d’attendre la sonnerie de l’heure des repas : le « chewing gum » qu’ils n’hésitaient pas à nous faire partager. Quel régal quand on a quatre ans !

 

Je dois encore en oublier de ces découvertes du 8 novembre 1942 : il y avait le « supply » super marché avant la lettre où le militaire trouvait tout ce qui est nécessaire pour assurer son quotidien et la  monnaie d’échange qui facilitait bien ses contacts avec les autochtones que nous étions : le chocolat surtout !

Il y avait bien une autre fourniture qui avait la cote mais, à mon âge, je ne savais pas à quoi elle pouvait servir, « le préservatif », …à part en faire des ballons !

 

Par contre, la nouvelle venue qui me terrorisait, les soirs d’alerte quand les avions allemands avaient l’idée saugrenue de venir à la tombée de la nuit bombarder la ville et le port, était cette batterie antiaérienne installée au milieu des artichauts à proximité du mur d’enceinte de la cour, du côté préau, là où aucun obstacle ne l’empêchait de défendre le ciel en direction d’Alger. Elle était servie par des artilleurs britanniques moins généreux que les américains… ils n’avaient même pas de chewing gum et n’aimaient pas que l’on rôde à proximité de leur canon Beaufort de 40 m/m entouré par des sacs de sable : heureusement qu’ils ne sont pas venus souvent ces avions allemands, car je tremblais de tous mes membres, mal protégé dans une cave située sous une pièce attenante au préau où nous nous réfugiions en famille.
Un canon anti- aérien qui tonne ça fait du bruit !

 

Mais il n’y avait pas que des choses désagréables dans cette cohabitation : mon frère, plus âgé que moi, a eu la chance de partager à maintes reprises les repas des hommes de troupe. Cela se passait sous le préau d’alors où se dressaient sur le petit côté la table des officiers et sur la longueur, les cinq ou six rangées de tables des sous-officiers et « privates » ; le côté adossé à nos classes servait de comptoir pour les plats apportés, par une petite porte, de l’extérieur où les roulantes s’activaient. Il en avait de la chance, moi ma maman ne voulait pas que j’y aille. Aujourd’hui mon frère a encore en mémoire cette fabuleuse tarte à l’américaine recouverte d’une couche de 2 à 3 cm de crème au chocolat. Il s’en mettait jusque là !

 

Si le préau a été aménagé en réfectoire après que toute la partie ouverte ait été protégée par un châssis recouvert d’une moustiquaire (la « malaria » était la plus grande crainte des américains), il se souvient aussi qu’il servait également de salle de projection : les GI pouvaient y voir des actualités et surtout des films leur donnant des conseils d’hygiène, dont la façon d’utiliser les plastiques, dont il est question plus haut. Lorsque cela était sur le point de se produire on mettait le jeune garçon qu’il était dehors et on venait le chercher quand la leçon de choses était terminée et qu’on allait passer à un film plus abordable.

 

A l’extérieur, deux tentes ont été dressées entre la cure et l’entrée du pensionnat : elles servaient aux mécaniciens qui y avaient aménagé un atelier sommaire. A l’autre extrémité du champ, près du terrain Lafumée, les charpentiers avaient monté leur propre guitoune. Peu de temps après, ces charpentiers ont construit, derrière les tentes des mécaniciens, une sorte de chalet en bois pour abriter le foyer  des soldats, tandis que le perron du pensionnat, servait au stationnement des voitures des officiers et des jeeps, les autres véhicules étaient garés dans le champ.

 

Et cerise sur le gâteau, nos libérateurs nous ont fait découvrir un sport collectif que nous n’aurions jamais imaginé tant il est complexe le base-ball : ils en étaient friands et ils se ménagèrent un espace pour s’y exercer là où devait être tracé le futur stade.

La cour de récréation aussi s’est transformée en aire de détente pour les GI : faute d’espace suffisant ils limitaient à de simples échanges de balles entre deux ou trois participants ce qu’ils appelaient base-ball et ils pratiquaient aussi un jeu qu’ils avaient la prétention de qualifier de football, consistant à se passer à la main un curieux ballon ovale en mimant des courses et en zigzaguant entre les arbres de la cour : nous découvrions là le « football américain »  proche du rugby  que nous ne connaissions d’ailleurs pas non plus.

 

En revanche, les américains eux ne sont pas passés à côté d’une de nos richesses locales : le Moscatel : c’était un vin blanc doux, plutôt liquoreux, assez chargé en alcool et aux effets particulièrement traîtres ! Tous connaissaient le Moscatel et beaucoup en ont été victimes. C’était autre chose que le lait de Saint-Joseph !

 

Mon frère avait aussi été impressionné par une ambulance équipée du chauffage que le conducteur avait mis en marche pour lui en faire la démonstration : pensez donc le chauffage sur un véhicule utilitaire ça n’existait pas chez nous !

 

S’il se souvient encore de quelques noms : Edmond Taylor le charpentier, Frank Durante le chauffeur de jeep qui s’extasiait devant les orangers cultivés dans le bas de la propriété près du cimetière des frères (encore un citadin qui n’avait jamais vu d’orangers en pleine production) ou Ben Surdi qui a pris les photos que vous verrez plus loin, il a oublié celui du sergent que l’on voit sur l’une de ces photos.

 

 Je crois en avoir assez dit et comme toutes les bonnes choses ont une fin, les troupes alliées ont préféré, au printemps 1943 suivant, partir vers les côtes de Sicile et de Sardaigne où l’atmosphère était plus chaude, après avoir accompli leur mission civilisatrice auprès des gamins que nous étions.

 

Après avoir relu tout ce qui précède, je m’aperçois que j’ai complètement oublié de vous parler de la fabuleuse découverte de cette boisson mythique : - le coca cola – qui enchantera toutes mes années d’adolescence et qui perdure encore aujourd’hui pour moi. Il arrivait directement des Etats Unis dans son emballage en verre original aujourd’hui oublié.

 
Je vais aller en boire un à votre santé.
 
Serge Allès

Saint Jo 1948/1953

 

Avec ce qui précède, vous avez sans doute découvert un aspect du pensionnat Saint Joseph auquel vous ne vous attendiez pas.

Qu’il serait agréable de voir un ancien élève, si possible pensionnaire, de cette année scolaire 1942/1943, nous faire vivre ce grand chambardement qu’il aurait vécu de l’intérieur car une zone d’ombre subsiste : où les cours avaient-ils lieu ? Dans le peu de place accordé aux frères ou au pensionnat Saint-Michel voisin ?     

 

MES PHOTOS AU TEMPS DES ALLIES AU PENSIONNAT SAINT JOSEPH

DE NOVEMBRE 1942 à JUIN 1943

1serge.jpg

J’étais déjà très observateur en ce temps là !










2jean.jpg
Même que Ben SURDI qui a pris cette photo s’en était aperçu !

Traduction libre :
"J'ai beaucoup de plaisir à regarder cette photo, car on dirait que tu as repéré un "Jerry"  *

* "Jerry" surnom péjoratif  donné par les alliés aux allemands  pendant la seconde guerre mondiale, mais qui remonterait en fait à la première guerre mondiale et qui signifie "pot de chambre" , surnom donné en raison de la similitude entre le tel objet et la forme du casque qu'ils portaient à l'époque .





3serge.jpg

Revue de paquetage sur le toit du pensionnat !








2serge.jpg
Pas besoin de permis de conduire à cette époque !






4serge.jpg

Un petit moment de repos au milieu de mes caisses,pendant que deux "private" s’entraînent au base-ball, avec les gants appropriés et sans la batte!







jean3.jpg
J’ai l’air d’un moineau protégé par mon frère et un sergent u.s !   

**

Et dire que cela se passait il y a 68 ans

 
***


Date de création : 04/03/2010 - 13:25
Dernière modification : 13/03/2010 - 13:29
Catégorie : Anecdotes
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